juil 7 2007

PPH : références

Voici les ressources dont je me suis servi pour documenter mon PPH.
Ouvrages

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François Nonnenmacher. Blogueur d’entreprise. Editions d’Organisation, 2006, 268 pages.

Loïc Le Meur. Blogs pour le pros. Planète Interne. Dunod, 2005, 268 pages.

J. de Rosnay & C. Revelli. La révolte du pronétariat. Fayard, 2006, 250 pages. Également disponible en ligne.


Benoît Desavoye. Les blogs. M2 Éditions, 2005, 200 pages.

Sites web

Je me suis largement référé aux pages de l’encyclopédie en ligne Wikipedia. Les références sont disponible au sein de mon propos, sous forme de liens hypertextes. C’est également le cas pour les outils présentés.

Je vous recommande de lire le propos de Tim Berners-Lee, qui donne sa définition du web 2.0. Traduction française ici.


juil 7 2007

Le web 2.0 face aux medias traditionnels

Alors que la quasi-totalité des journaux ont leur site web, que les radios diffusent leurs émissions en streaming sur le net et que même certaines chaînes de télévision proposent du contenu sur Internet, il est légitime de se demander quelle est la place du web 2.0 face à ces médias traditionnels présents sur la toile.

Le 11 septembre 2001 : point de départ

Suite à l’effondrement des tours du World Trade Center le 11 septembre 2001, des centaines de blogs se sont créés pour commenter les dernières nouvelles. Une grande partie de ces blogs a été créée en réponse au manque de sens critique des grands médias et au patriotisme ambiant.

Ce phénomène a également été remarqué lors des guerres qui ont suivi, en Afghanistan et en Irak.

Les blogs s’incrivent dans une forme de réaction à l’autocensure pratiquée par les médias traditionnels et à la crise de confiance qu’ils traversent. Ils permettent aux internautes de prendre la parole, de confronter leurs points de vue et d’argumenter en fonction des informations dont ils disposent directement ou non.

Cette dernière dimension a été fortement marquée lors du tsunami qui a touché l’Asie en décembre 2004. Alors que les télévisions diffusaient en boucle leurs images, la blogosphère s’alimentait de témoignages de gens présents sur place, de documents amateurs postés sur Youtube.

Non seulement contre-pouvoir, le web 2.0 est également un vecteur d’information dans lequel l’internaute devient un reporter capable de témoigner de ce qu’il voit autour de lui.

Les médias citoyens

C’est dans cette optique que Carlo Revelli et Joël de Rosnay ont lancé le média citoyen AgoraVox : offrir aux internautes une plate-forme apte à publier des articles rédigés par eux-mêmes et agrémentés de clichés qu’ils ont pu prendre sur le terrain.

Sur AgoraVox, une équipe valide les publications proposées par des rédacteurs (des visiteurs inscrits sur le site). Priorité est donnée aux thèmes ne bénéficiant pas d’une couverture médiatique importante. Ainsi, la proposition d’une nouvelle s’inscrit dans une démarche citoyenne de mise à disposition d’une information qui serait, sans AgoraVox, difficilement accessible ou cachée. Joël de Rosnay suggère un abandon des mass media au profit de ce nouveau genre de médias citoyens, les médias des masses.

Le grand succès des téléphones portables équipés de capteurs photographiques (ou photophones) est une des composantes intéressantes de ce travail d’information citoyenne. Il devient possible de publier en direct des photos ou des courtes séquences filmées dans la rue, dans le quotidien des citoyens, à des moments ou sous des angles de vue qui ne peuvent être traités par la presse. La pratique qui consiste à poster des billets ou des photos depuis son téléphone portable s’appelle le moblogging (mobile + blogging).

Moins de stars, plus de choix

Ce que j’aime aussi sur le web 2.0, c’est que les architectures participatives donnent plus de place à de l’information qui n’aurait pas sa place dans les circuits traditionnels, faute de temps, d’argent ou de volonté.

Le cas s’applique particulièrement bien à la promotion de la diversité culturelle. Des plate-formes comme Jamendo ou MySpace donne la chance à des artistes méconnus d’accéder à une audience considérable. C’est par exemple le cas du groupe Artic Monkeys, qui s’est fait connaître grâce à MySpace ou au rappeur rural Kamini (DailyMotion).

Parce que le coût de stockage de l’information numérique est quasi-nul, le fait de disposer d’un catalogue très vaste ne revient pas plus cher que d’avoir un catalogue constitué seulement des hits. D’autant que, comme le fait remarquer Chris Anderson au sujet de la musique numérique dans son livre intitulé The Long Tail, bien que l’essentiel des ventes se fasse sur les grosses productions, les ventes réalisées sur les produits plus confidentiels sont également très importantes.

Plus de choix = plus de personnalisation = une information adaptée à chacun

Dans le web 2.0, on a donc plus de choix. L’information délivrée est également largement personnalisable. La page d’accueil de mon navigateur web pointe ainsi sur le portail Netvibes, qui offre la possibilité d’afficher des composants et de les agencer selon ses goûts pour constituer une sorte de tableau de bord.

Flux RSS, prévisions météorologiques, mails, programme TV, vélo’v disponibles à proximité de mon domicile : j’ai accès d’un coup d’oeil aux informations essentielles à mes yeux.

Netvibes est ce qu’on appelle un mashup, une application composite qui, en regroupant et associant des données issues d’autres sources, créé plus de valeur que la somme des valeurs des données prises séparément. Par exemple, en prenant la liste des hot-spots Wi-Fi d’une ville d’un côté et la carte de la ville de l’autre, il est possible d’obtenir une information plus intéressante qui est la localisation des hot-spots sur la carte.

Cette personnalisation, permise par les technologies mises en oeuvre dans le web 2.0 (notamment la mise à disposition d’interfaces d’accès aux données), est absente des mass media traditionnels, qui diffusent en bloc la même information à chacun. Le web 2.0 permet donc, par la personnalisation, de délivrer une information adaptée aux desiderata de chaque internaute.

Les limites du web 2.0

Le revers de la médaille, c’est l’exploitation qui est faite de ces données de personnalisation.

La plupart des Business Models du web 2.0 intègrent une rémunération par la publicité. Plus le service est personnalisé, plus il est possible de cibler les publicités et donc d’attirer des annonceurs.

Dans certains endroits du web, des voix s’élèvent pour dénoncer l’exploitation commerciale à la fois du contenu produit par les visiteurs eux-mêmes, et par les atteintes à la vie privée que constitue le ciblage publicitaire lié à la personnalisation. Certains vont même jusqu’à parler d’esclavage 2.0.

Enfin, on s’interrogera également sur les craintes qui peuvent naître du stockage en ligne de ses données, en particuliers les mails, agenda, documents bureautiques rédigés de manière collaborative en ligne, photographies, lorsqu’elles sont placées entre les mains de sociétés étrangères.


juil 6 2007

Pertinence, tri et recherche de l’information dans le web 2.0

Le web est une formidable base de connaissance. J’en ai parlé dans les articles précédents, le web 2.0 et notamment les blogs apportent une quantité d’information très importante, en grande partie redondante. Elle est extrêmement décentralisée mais néanmoins interconnectée grâce à la technologie fondatrice du web : le lien hypertexte.

Les liens comme critère de pertinence

Pour trouver de l’information dans ce brouhaha électronique, je fais appel, comme des millions d’internautes, au plus célèbre des moteurs de recherche : Google. Google indexe plus de 8 milliards d’adresses URL.

Comment sont présentés les résultats de ma recherche ? Google utilise un algorithme (aussi jalousement gardé que la recette du Coca-Cola) appelé PageRank ou PR. Le PageRank utilise, parmi plusieurs autres critères, le nombre de liens externes pointant vers une ressource pour affecter son score. Ainsi, une ressource vers laquelle beaucoup d’autres pages pointent obtient un score important et sera présentée en tête de liste lors d’une recherche.

Lorsque, au paragraphe précédent, j’ai fait un lien vers la page PageRank de l’encyclopédie Wikipedia, j’ai implicitement recommandé cette ressource comme pertinente sur ce sujet. Ainsi, les liens hypertextes deviennent un critère de pertinence.

Une page est d’autant mieux trouvée et dès lors d’autant plus consultée que son référencement sur les moteurs de recherche est bon. Ce qui a donné naissance à une technique appelé SEO (Search Engine Optimization) qui consiste à faciliter et augmenter le référencement naturel d’un site (il ne s’agit pas ici de payer pour disposer de liens sponsorisés, mais de jouer sur les liens, le contenu et les associations de mots-clés pour s’assurer une meilleure visibilité).

Les acteurs du web 2.0 ont compris la force des liens pour s’assurer une bonne visibilité et par là même augmenter leur influence. En tout premier lieu, les blogueurs sont des aficionados des liens (voir par exemple ce billet de Fred Cavazza) vers les ressources qu’ils commentent ou lorsqu’ils postent des billets en rétrolien.

Qu’un rétrolien ? Les anglophones appellent ça un trackback ; voici le cas d’usage :

  1. je lis un article intéressant sur les ailerons de planche à voile sur un blog,
  2. j’ai moi-même un avis sur la question et souhaite publier un article sur le sujet sur mon blog,
  3. je note, en bas de l’article, l’adresse de trackback,
  4. lors de la rédaction de mon billet, je spécifie cette adresse de trackback,
  5. l’article d’origine est notifié de la publication de mon billet et un lien vers mon billet apparaît à la suite de l’article dans une rubrique « on parle du même sujet ici : ».

On joue donc beaucoup sur l’effet de réseau induit par les blogs pour gagner en visibilité et en audience. D’ailleurs, je vous conseille de jeter un petit coup d’oeil au classement des top blogs francophones.

Classer des ressources : de la taxonomy à la folksonomy

Le web 2.0 a également fait sa révolution dans la manière de classer les données. Je vous avais parlé des CMS dans un précédent billet. Les CMS avaient déjà introduit une classification de type taxonomy, en triant les ressources en catégories, sous-catégories…

Mais que se passe-t’il si une ressource est à cheval sur deux catégories (ou trois, ou quatre) ?

Pour répondre à cette problématique, les sites web 2.0 ont mis en place la pratique du tagging, qui consiste à attribuer à chaque ressource des mots-clés librement choisis, les tags.

Pour mon blog, j’attribue ainsi à chaque billet un certain nombre de tags qui sont fonction de son contenu. Les ressources sont ensuite accessibles via la nuage de tags. J’ai mis en illustration un nuage de tags tiré du site Technorati. Dans les nuages, les tags les plus fréquents sont généralement représentés avec une police de taille plus importante, ce qui permet de se faire une idée très rapidement du contenu d’un site.
Le principe est poussé encore plus loin sur les sites à architecture participative, comme Flickr ou del.icio.us dont j’ai parlé précédemment, puisque ce sont les visiteurs eux-même qui attribuent des tags en texte libre à chaque ressource (ici : des photos et des signets). Le bénéfice apporté est donc double puisque :

  • la classification se fait de manière automatique et en texte naturel puisque réalisée par des humains,
  • on a à la fois une grande diversité de tags, en fonction du point de vue de chacun sur la ressource classée, et une bonne pertinence du classement puisque les tags les plus attribués sont ceux qui décrivent le mieux la ressource aux yeux du visiteur moyen.

Ce processus est appelé folksonomy (la taxonomy du peuple).

Le tri de l’information : rating, filtrage et aggrégation

Face à l’abondance de l’information sur le web et même à la quantité phénoménale de sites renvoyés par une recherche sur un moteur comme Google, il est important de disposer de mécanismes permettant de trier, filtrer et évaluer l’information.

Les exemples les plus récents en la matière sont les sites comme Digg et Wikio. Ces sites diffusent les dernières actualités parues sur l’internet (qu’elles émanent de médias traditionnels ou de blogs) et permettent aux visiteurs de voter pour les meilleurs articles. Ce système de rating permet de pertinenter les meilleurs sources. Le rating est une constante dans le web 2.0, puisqu’il permet de récréer la recommandation par les internautes, comme on le fait par le bouche à oreille (c’est aussi ce qu’utilise eBay pour évaluer les acheteurs – dont je fais partie – et vendeurs).

Un autre outil intéressant est le site Google News, qui regroupe également l’ensemble de l’actualité sur une seule page. Il est possible d’effectuer une recherche dans les sources d’actualités, et surtout de récupérer les réponses par mail (Google Alerts) ou par flux RSS. Dans le cadre de mon projet de création, j’utilise beaucoup ce système pour mener ma veille concurrentielle : je reçois ainsi dans mon aggrégateur RSS les derniers articles parus qui parlent de mon secteur d’activité, grâce à des mots-clés bien choisis.

Justement, les aggrégateurs RSS sont une des applications indispensable pour avoir accès en temps réel à l’information. J’utilise l’application en ligne Google Reader, qui me donne accès au contenu publié sur tous les sites que j’aime (à partir des flux RSS qu’ils mettent à disposition).

Dernière application intéressante pour filtrer l’information sur le web 2.0 : le moteur Technorati. Lorsque je publie un billet, et comme des millions d’autres blogs, mon application prévient Technorati de la parution par un mécanisme de ping. Ainsi, il est possible de savoir ce qui se dit sur la toile en ce moment précis, quels sont les contenus les plus populaires, les vidéos les plus appréciées, etc.

En conclusion

Qu’il s’agisse de web 2.0 ou non, la recherche de l’information sur l’Internet est particulièrement difficile car les résultats pertinents sont facilement noyés dans la masse. Les outils présentés ici ont permis aux contenus 2.0 de se faire une place sur la toile. Ils inaugurent des aspects constitutifs de la prochaine évolution : le web sémantique.


juil 5 2007

Les blogs ou la fin de la culture du secret

Dans son ouvrage Les blogs, nouveau média pour tous, Benoît Desavoye analyse ce qui a fait le succès des blogs en partant du fait que l’homme est naturellement communicant. Observez les enfants dans une cours d’école : ils ne peuvent s’empêcher de discuter, de confronter leurs points de vue, de poser des questions. L’information circule librement.

Maintenant, Benoît Desavoye fait un deuxième constat : l’acquisition du pouvoir dans l’entreprise repose sur la possession de l’information. Mon n+1 est celui qui sait plus de choses que moi : il détient l’information nécessaire à sa fonction. S’il la partage avec moi, je suis capable de prendre sa place. L’information est un élément de pouvoir.

Ainsi, alors que les enfants communiquent de manière naturelle, l’entreprise fait des plans de communication, l’organise, la structure, et paie des consultants très cher pour l’aider à faire en sorte que les collaborateurs communiquent.

Le succès des skyblogs, ces quelques 9 millions de carnets intimes animés par des adolescents ? Incompréhensible pour une bonne partie de leurs aînés ! Et pas seulement à cause du langage télégraphique et du vocabulaire dédié qu’ils utilisent. Pourquoi donc se livrent-ils ainsi à des millions d’inconnus, quand la moindre discussion avec leurs parents est conflictuelle ?

Les blogs : du donnant-donnant

Les blogs – ou weblogs (contraction de « web log », le log étant le journal de bord de la marine et de l’aviation américaine) – ne se limitent pas aux skyblogs. Il y a des blogs très sérieux, d’autres plus fantaisistes, certains sont généralistes, d’autres ultra-spécialisés, ils traitent d’actualité, de nouvelles technologies, de wi-fi, de cuisine ou de télévision. Ce sont des sites web dynamiques sur lesquels sont publiés périodiquement des billets, présentés par ordre antéchronologique.

L’intérêt d’un blog n’est pas de publier de l’information, mais de donner lieu à une discussion : les visiteurs du blog peuvent réagir ou répondre à l’auteur par les commentaires, ou en publiant un article lié sur leur propre blog. Ainsi, le billet publié est la contribution de l’auteur à la blogosphère (l’ensemble des blogs) : il reçoit en retour un savoir partagé par ses visiteurs ; chacun y trouve son compte.

Les blogs, c’est la cours de récré, selon le schéma suivant :

Si je te donne une information, tu as l’information, et moi je l’ai encore. Ainsi, je peux augmenter ta connaissance sans affaiblir la mienne.

Production d’information

L’information publiée sur les blogs n’est que rarement créée ex-nihilo. La technologie de base qui structure l’information des blogs et du web 2.0 en général sont les liens hypertextes. Ainsi, les billets publiés sur les tous premiers blogs étaient des recueils de liens pointant vers des pages que l’auteur avait trouvées pertinentes.

De nos jours, les billets publiés renvoient quasi-systématiquement vers d’autres billets, composant l’information à partir de plusieurs sources. Cette capacité à établir des liens pour commenter d’autres productions sur le web offre à mon sens deux aspects principaux :

  1. l’information se transmet rapidement et la blogosphère agit comme une caisse de résonance : plus une information est diffusée, plus on en parle ;
  2. les liens pointent vers des sources d’informations que l’auteur juge appropriées et nouent des relations entre les auteurs des blogs, participant ainsi à l’effet de réseau de la blogosphère.

Le premier point a longuement défrayé la chronique dans les médias traditionnels, jugeant que l’effet de résonance était propice à la diffamation et à la calomnie (« sur Internet, on trouve le meilleur comme le pire »).

Un bon exemple de la capacité d’amplification de la blogosphère est la découverte puis la diffusion de la clé de déchiffrement des nouveaux HD-DVD, qui s’est répandu telle une traînée de poudre sur le web (des internautes ont même déposé la clé comme nom de domaine !). Il faut dire que le système cryptographique employé avait de quoi faire sourire. L’autre enseignement à tirer de cet épisode est la quasi-impossibilité de censurer l’information dans la blogosphère. Vous verrez prochainement, lorsque j’étudierai la notion de pertinence sur le web 2.0, que c’est un point clé dans la manière d’envisager l’information.

La forme utilisée dans les blogs est très importante : les textes sont majoritairement rédigés à la première personne, sous forme de témoignages relatant d’une expérience vécue par l’auteur ou présentant son opinion sur un sujet particulier (ce qui occasionne souvent des débats sur le caractère narcissique de la blogosphère). Les bénéfices sont la proximité avec l’auditoire et la sincérité propice à engager la conversation. Il faut voir l’auteur du blog comme un ami assis en face de vous dans un bistrot confortable. On retombe sur la problématique de la pertinence de l’information et du bouche à oreille.

Consommation de l’information

Si on ne produit plus l’information de la même manière, en prenant pour principe de base le partage de celle-ci pour s’enrichir mutuellement, il est également vrai qu’on ne consomme pas l’information comme on le faisait auparavant.
La première différence avec un média traditionnel (comme la presse, la télévision ou la radio) est l’interactivité de l’information. Par le biais des commentaires, il est dans l’essence même du web 2.0 d’ouvrir la discussion entre le producteur et les consommateurs de l’information. Cette voie retour existe de manière infime avec le courrier des lecteurs. Sur le web, elle est aux premières lignes.

Pourquoi est-ce important ? L’information est ainsi discutée, complétée, corrigée. On confronte un grand nombre de points de vue. D’un état statique, figé, elle devient extrêmement meuble et s’enrichit au fur et à mesure de la conversation. Cette qualité est attribuable a plus forte raison aux wikis.

La seconde est que la diffusion de l’information n’impose pas un mode de présentation particulier. Il est par exemple possible de lire ce blog en ligne, depuis votre navigateur, mais aussi de récupérer son contenu au moyen des flux RSS. Ces flux de syndication de l’information sont réutilisables dans un aggrégateur (application sur l’ordinateur ou en ligne, comme Google Reader).

Mon aggrégateur est par exemple alimenté par 74 sources d’information différentes. J’ai donc à portée de clic, depuis une seule et même application, plusieurs centaines d’articles par jour, émanant de sources que j’ai moi-même choisies et dans des domaines qui m’intéressent. Je m’oblige à restreindre le nombre de sources en faisant le ménage périodiquement, car la lecture de ces actualités est particulièrement chronophage.

Je vous propose de revenir plus en détail sur ces manières de sélectionner et trier l’information dans un prochain billet.

Les blogs dans l’entreprise

J’anime ce blog à titre personnel, mais je suis souvent amené à m’interroger sur la place que peut prendre un média tel que le blog dans la communication en entreprise. Je vois deux aspects au blog :

  1. l’utilisation interne : permet aux collaborateurs de parler du projet sur lequel ils travaillent, de s’informer sur les autres projets traités, de fédérer une entreprise autour de ses réalisations ;
  2. l’utilisation externe : permet une communication plus sincère, moins guindée et aussi plus réactive que les traditionnels communiqués de presse ou le site institutionnel.

Permettez moi de m’étendre un peu sur ce deuxième point. Avez-vous déjà remarqué à quel point tous les sites institutionnels des grandes firmes se ressemblent ? Le constat est partagé par Loïc le Meur, un des bloggueurs les plus influents, dans son ouvrage Blogs pour les pros. Finalement, le blog d’entreprise permet d’adopter une ligne de communication plus spontanée, plus réactive, et surtout de bénéficier du retour des clients.

Bien entendu, cela suppose une réelle sincérité de l’entreprise, qui doit jouer le jeu :

  • la démarche doit être reconnue par l’entreprise et ne doit pas se dérouler sous couvert de l’anonymat, encore moins en se faisant passer pour quelqu’un d’autre ;
  • le propos ne doit pas se transformer en support publicitaire : il faut parler des produits ou des opérateurs avec le plus d’objectivité possible ;
  • la personne qui anime le blog doit faire en sorte de provoquer et alimenter les conversations des visiteurs via les commentaires.

Un exemple d’entreprise qui communique par un blog ? Arcome, société de conseil en stratégie marketing auprès des opérateurs télécoms, anime un blog où elle développe des analyses sur les dernières évolutions du marché, des usages… C’est malin car ça permet à des clients potentiels de juger de la pertinence des prestations réalisées.

A mettre en place dans ma future entreprise ?


juil 4 2007

La production de contenu par l’utilisateur

S’il est une caractéristique fondamentale du web 2.0, c’est la production du contenu par les utilisateurs eux-mêmes. En terme de marketing, on appelle ça l’UGC – User generated content ; rien à voir avec du cinéma, donc.

Finalement, suite à la prise de contrôle des moyens de production de l’information et de ses circuits de diffusion, on se retrouve avec un nombre démultiplié de producteurs d’information : vous et moi.

Lorsque j’écris sur ce blog, je mets en oeuvre ma faculté à produire et à diffuser de l’information. Si je modifie une page de l’encyclopédie en ligne Wikipedia, je suis également une source d’information. De la même manière, une galerie photo hébergée sur Flickr est une source d’information produite par un internaute et mise à la disposition des autres utilisateurs.

L’ensemble du web 2.0 repose sur ce concept de contribution de l’utilisateur. Vérifions ce postulat en analysant quelques usages 2.0.

Les wikis

Un wiki est un site web dynamique dont tout visiteur peut modifier les pages à volonté. Il permet de synthétiser, structurer et diffuser de l’information simplement et rapidement. Une application de type wiki est conçue pour permettre à ses utilisateurs de contribuer à la production ou à la structuration du contenu.

Il existe des milliers de wiki sur le web, mais l’exemple le plus emblématique est certainement l’encyclopédie en ligne Wikipedia. Elle est une application intéressante du dicton d’Eric S. Raymond (concernant à l’origine le développement Open Source) : « avec suffisamment d’yeux, les bugs disparaissent ». Les critiques formulables à l’encontre de la libre diffusion d’une information non censurée (ou du moins sans direction éditoriale), concernant la fiabilité de cette même information, tombent dès lors qu’on considère un nombre d’utilisateurs suffisamment grand pour qu’une erreur ne puisse passer inaperçue et demeurer sans correction. Une étude publiée en décembre 2005 par la revue Nature a d’ailleurs montré une pertinence comparable avec l’Encyclopaedia Britannica sur les articles scientifiques.

Il est également très important de noter que la valeur du wiki tient à la fois au contenu créé par ses utilisateurs et à la réactivité de la communauté qu’ils forment.

Les blogs

Bien qu’ils puissent parfois être animés par des professionnels pour le compte de leur employeur, les blogs sont le plus souvent le fait d’internautes qui publient des billets sur un carnet en ligne, dans un ordre antéchronologique. Ces billets peuvent être sous forme de textes ou de bandes dessinées, de photos, d’enregistrement audio (podcast) ou vidéo (vcast).

Le succès des blogs tient au fait que, d’une part, leur contenu est alimenté avec sincérité et authenticité par des internautes lambda et que, d’autre part, il est possible de réagir sous forme de commentaires ou de rétroliens. Ainsi, la véritable valeur d’un billet ne tient pas uniquement dans le contenu de celui-ci, mais beaucoup plus dans la discussion à laquelle il donne lieu sous forme de commentaires. Je reparlerai du phénomène des blogs très prochainement.

Les plate-formes d’échange de vidéos

Une des killer-app du web 2.0 est la possibilité de partager en ligne de manière très simple des vidéos. C’est à dire qu’il s’agit d’une application qui justifie à elle-même l’intérêt du web 2.0.

Les acteurs s’appellent Youtube ou Dailymotion. Il est possible de passer des heures sur ces sites à regarder des vidéos mises en lignes par des amateurs. Je suis, dans mes loisirs, passionné de planche à voile : une requête comme « windsurf » me renvoie des heures et des heures de vidéos. Comme sur un blog, je peux réagir vis à vis d’une vidéo par la rédaction d’un commentaire, et ainsi contribuer à mon tour au contenu du site.

Les galeries photo

Il est possible d’héberger ses photos numériques en ligne, sur un site comme Flickr. En quoi est-ce web 2.0 ? C’est simple : Flickr m’offre la possibilité de charger mes photos sur leur site. En échange de quoi, elles deviennent accessibles en ligne pour les autres visiteurs de Flickr. Le contenu d’un site comme Flickr est donc entièrement contribué par ses utilisateurs.

Mieux : les visiteurs parcourant mes photos peuvent leur attribuer un ou plusieurs tag, qui vont me permettre de classer mes photos automatiquement. Les portraits d’un côté, les paysages de l’autre. La valeur de Flickr réside donc non seulement sur le contenu proposé par les utilisateurs, mais aussi et surtout sur l’effet de réseau qui en découle. Je parlerai des moyens de rechercher, trier et sélectionner l’information sur le web 2.0 tantôt, mais sachez déjà que les architectures participatives mises en place sont très performantes car elles utilisent l’intelligence collective de leurs visiteurs.

Le social bookmarking

Le cas du social bookmarking (ou signets sociaux) est un bon indicateur de l’utilisation de l’intelligence collective mise en oeuvre dans le concept du web 2.0. Des sites comme del.icio.us permettent à tout internaute (moi) de sauvegarder et partager ses signets en ligne. Comme chaque internaute a sa vision d’un site alpha qui lui est propre, il va décrire et classer ce site alpha en fonction de ses critères personnels (en lui attribuant les tags cuisine et pratique, par exemple). Un autre internaute aura une vision différente de cette ressource alpha, et la décrira au moyen d’autres mots-clés.

Le crédo des sites de social bookmarking, c’est de partir de proposer un moteur de recherche proposant des ressources non pas indexées automatiquement par des robots, mais décrites de manière humaine et sensible par des internautes.

On a ici clairement recours à l’intelligence du collectif et la production de valeur par le visiteur lui-même.

Finalement…

En définitive, l’évolution qu’on appelle le web 2.0 passe par un changement des stratégies et business models associés sur l’Internet : les sites ne proposent plus du contenu, mais des plate-formes technologiques permettant la production et la diffusion simplifiée de contenu par leurs propres visiteurs ! Le prestataire de service trouve son compte dans les revenus qu’il tire de la publicité (grâce à son grand nombre de visiteurs et donc au trafic généré), le visiteur trouve une qualité d’information très proche de son besoin car produite par ses pairs.