La production de contenu par l’utilisateur

S’il est une caractéristique fondamentale du web 2.0, c’est la production du contenu par les utilisateurs eux-mêmes. En terme de marketing, on appelle ça l’UGC - User generated content ; rien à voir avec du cinéma, donc.

Finalement, suite à la prise de contrôle des moyens de production de l’information et de ses circuits de diffusion, on se retrouve avec un nombre démultiplié de producteurs d’information : vous et moi.

Lorsque j’écris sur ce blog, je mets en oeuvre ma faculté à produire et à diffuser de l’information. Si je modifie une page de l’encyclopédie en ligne Wikipedia, je suis également une source d’information. De la même manière, une galerie photo hébergée sur Flickr est une source d’information produite par un internaute et mise à la disposition des autres utilisateurs.

L’ensemble du web 2.0 repose sur ce concept de contribution de l’utilisateur. Vérifions ce postulat en analysant quelques usages 2.0.

Les wikis

Un wiki est un site web dynamique dont tout visiteur peut modifier les pages à volonté. Il permet de synthétiser, structurer et diffuser de l’information simplement et rapidement. Une application de type wiki est conçue pour permettre à ses utilisateurs de contribuer à la production ou à la structuration du contenu.

Il existe des milliers de wiki sur le web, mais l’exemple le plus emblématique est certainement l’encyclopédie en ligne Wikipedia. Elle est une application intéressante du dicton d’Eric S. Raymond (concernant à l’origine le développement Open Source) : “avec suffisamment d’yeux, les bugs disparaissent”. Les critiques formulables à l’encontre de la libre diffusion d’une information non censurée (ou du moins sans direction éditoriale), concernant la fiabilité de cette même information, tombent dès lors qu’on considère un nombre d’utilisateurs suffisamment grand pour qu’une erreur ne puisse passer inaperçue et demeurer sans correction. Une étude publiée en décembre 2005 par la revue Nature a d’ailleurs montré une pertinence comparable avec l’Encyclopaedia Britannica sur les articles scientifiques.

Il est également très important de noter que la valeur du wiki tient à la fois au contenu créé par ses utilisateurs et à la réactivité de la communauté qu’ils forment.

Les blogs

Bien qu’ils puissent parfois être animés par des professionnels pour le compte de leur employeur, les blogs sont le plus souvent le fait d’internautes qui publient des billets sur un carnet en ligne, dans un ordre antéchronologique. Ces billets peuvent être sous forme de textes ou de bandes dessinées, de photos, d’enregistrement audio (podcast) ou vidéo (vcast).

Le succès des blogs tient au fait que, d’une part, leur contenu est alimenté avec sincérité et authenticité par des internautes lambda et que, d’autre part, il est possible de réagir sous forme de commentaires ou de rétroliens. Ainsi, la véritable valeur d’un billet ne tient pas uniquement dans le contenu de celui-ci, mais beaucoup plus dans la discussion à laquelle il donne lieu sous forme de commentaires. Je reparlerai du phénomène des blogs très prochainement.

Les plate-formes d’échange de vidéos

Une des killer-app du web 2.0 est la possibilité de partager en ligne de manière très simple des vidéos. C’est à dire qu’il s’agit d’une application qui justifie à elle-même l’intérêt du web 2.0.

Les acteurs s’appellent Youtube ou Dailymotion. Il est possible de passer des heures sur ces sites à regarder des vidéos mises en lignes par des amateurs. Je suis, dans mes loisirs, passionné de planche à voile : une requête comme “windsurf” me renvoie des heures et des heures de vidéos. Comme sur un blog, je peux réagir vis à vis d’une vidéo par la rédaction d’un commentaire, et ainsi contribuer à mon tour au contenu du site.

Les galeries photo

Il est possible d’héberger ses photos numériques en ligne, sur un site comme Flickr. En quoi est-ce web 2.0 ? C’est simple : Flickr m’offre la possibilité de charger mes photos sur leur site. En échange de quoi, elles deviennent accessibles en ligne pour les autres visiteurs de Flickr. Le contenu d’un site comme Flickr est donc entièrement contribué par ses utilisateurs.

Mieux : les visiteurs parcourant mes photos peuvent leur attribuer un ou plusieurs tag, qui vont me permettre de classer mes photos automatiquement. Les portraits d’un côté, les paysages de l’autre. La valeur de Flickr réside donc non seulement sur le contenu proposé par les utilisateurs, mais aussi et surtout sur l’effet de réseau qui en découle. Je parlerai des moyens de rechercher, trier et sélectionner l’information sur le web 2.0 tantôt, mais sachez déjà que les architectures participatives mises en place sont très performantes car elles utilisent l’intelligence collective de leurs visiteurs.

Le social bookmarking

Le cas du social bookmarking (ou signets sociaux) est un bon indicateur de l’utilisation de l’intelligence collective mise en oeuvre dans le concept du web 2.0. Des sites comme del.icio.us permettent à tout internaute (moi) de sauvegarder et partager ses signets en ligne. Comme chaque internaute a sa vision d’un site alpha qui lui est propre, il va décrire et classer ce site alpha en fonction de ses critères personnels (en lui attribuant les tags cuisine et pratique, par exemple). Un autre internaute aura une vision différente de cette ressource alpha, et la décrira au moyen d’autres mots-clés.

Le crédo des sites de social bookmarking, c’est de partir de proposer un moteur de recherche proposant des ressources non pas indexées automatiquement par des robots, mais décrites de manière humaine et sensible par des internautes.

On a ici clairement recours à l’intelligence du collectif et la production de valeur par le visiteur lui-même.

Finalement…

En définitive, l’évolution qu’on appelle le web 2.0 passe par un changement des stratégies et business models associés sur l’Internet : les sites ne proposent plus du contenu, mais des plate-formes technologiques permettant la production et la diffusion simplifiée de contenu par leurs propres visiteurs ! Le prestataire de service trouve son compte dans les revenus qu’il tire de la publicité (grâce à son grand nombre de visiteurs et donc au trafic généré), le visiteur trouve une qualité d’information très proche de son besoin car produite par ses pairs.

Un commentaire pour “La production de contenu par l’utilisateur”

  1. Olivier dit :

    Le 2.0, c’est un concept pour amuser ceux qui n’étaient pas là au début du net plus qu’une vraie révolution…

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