Naissance du web 2.0
Le World-Wide Web, en plus court : web, est né au CERN des travaux de Tim Berners-Lee sur un système de liens hypertextes, au début des années 1990. D’abord utilisé en interne, il a ensuite été ouvert sur l’Internet, prenant son essor avec l’apparition des premiers navigateurs (NCSA Mosaïc, Netscape puis Internet Explorer) et serveurs web (NCSA HTTPd, Apache Http Server).
En s’intéressant à la chronologie du web, on date l’apparition du concept web 2.0 à 2004. Pour autant, il serait inapproprié de vouloir le faire passer comme la sortie d’une nouvelle version du web.
En effet, si Dale Dougherty (O’Reilly Media) et Craig Cline (MediaLive) utilisent pour la première fois cette dénomination en octobre 2004, pour l’organisation d’une conférence, elle n’est que le constat d’une période de renaissance du web, avec l’adoption de nouvelles règles et la concrétisation de nouveaux business models. En somme, une évolution du web classique.
L’encyclopédie Wikipedia dresse la liste des caractéristiques générales d’un site web 2.0 :
- le site ne doit pas être un jardin secret, c’est-à-dire qu’il doit être aisé de faire rentrer ou sortir des informations du système ;
- l’utilisateur doit rester propriétaire de ses propres données ;
- le site doit être entièrement utilisable à travers un navigateur standard ;
- le site doit présenter des aspects de réseaux sociaux.
Il s’agit désormais de voir le web non plus comme un média de diffusion (broadcast), mais comme une plate-forme permettant l’échange de l’information entre les utilisateurs. En soi, le web 2.0 est donc une rupture dans la façon d’appréhender la diffusion de contenu.
Reste à se demander où se situe le point de rupture. Le web 1.0 était constitué de pages statiques, avec peu ou pas de mises à jour. Un média typiquement top-down, dans lequel l’information est diffusée par une poignée de spécialistes, maîtrisant le langage HTML et au protocole FTP.
L’apparition des premiers systèmes de gestion de contenu (Content Management System, CMS) a permis de rendre les sites dynamiques, en stockant le contenu dans des bases de données. Les CMS permettent une réelle interaction en dissociant contenu et contenant et en permettant à plusieurs contributeurs internes de participer à la production d’information. On parle parfois de web 1.5.
Selon Elie Sloïm, le web 2.0 est un web 1.5 ouvert aux contributeurs externes. On obtient alors des sites centrés sur l’utilisateur et reposant sur son interaction avec les autres utilisateurs. L’acte fondateur du web 2.0 serait donc l’apparition des CMS, qui ont simplifié l’accès à la publication d’information.
Finalement, pour bien comprendre le web 2.0, il faut se poser deux questions :
- qui produit l’information ?
- qui consomme l’information ?
Web 1.0 : 1. quelques personnes 2. quelques personnes (one-to-one)
Web 1.5 : 1. un peu plus de gens 2. tout le monde (one-to-many)
Web 2.0 : 1. tout le monde 3. tout le monde (many-to-many)
Le web est donc passé durant ses quinze années d’existence d’un modèle one-to-one à un modèle many-to-many. La naissance du web 2.0 a pris corps en deux temps : démocratisation de l’accès à Internet (plus de consommateurs d’information), puis démocratisation de la production d’information (plus de producteurs).
Il convient dès lors de s’interroger sur l’incidence que cette évolution a eu sur notre rapport à l’information, car nous sommes, en tant qu’internautes, au coeur de ce web 2.0. A tel point que Time Magazine a fait de nous en décembre 2006 la personnalité de l’année.