Cinq erreurs à éviter dans la recherche de stage
Dans mon projet de création d’entreprise, j’ai eu la chance de pouvoir embaucher des stagiaires. Tout d’abord un marketeur, puis deux développeurs informatique. Le recrutement est un exercice très difficile qu’il ne faut pas entreprendre à la légère, tant une mauvaise décision peut être lourde de conséquences à la fois pour le recruteur et pour le recruté.
Ma démarche
De mon côté, celui du recruteur, j’ai commencé par analyser mes besoins de compétences et de main d’oeuvre. La suite logique, c’est de repérer les formations adaptées en terme de compétences et incluant des stages dans le cursus. En ce qui concerne mon entreprise, mes collègues et moi avons veillé à cibler des écoles de l’agglomération lyonnaise, à proximité donc. À partir de ce moment, on place des annonces sur l’intranet des écoles ciblées ou sur des sites généralistes.
Nous avons reçu beaucoup de candidatures ; voici les erreurs les plus fréquentes.
Erreur 1 : un CV approximatif
Le CV est particulièrement important puisqu’il doit permettre de se faire une idée précise du profil du candidat, et ce en quelques secondes. Sans tomber dans le formalisme à outrance, un bon CV est soigné à la fois sur le fond et sur la forme.
Pour le fond, il est indispensable de mentionner clairement son parcours (formations, diplômes obtenus, niveau en langues, expériences professionnelles, projets scolaires et associatifs). Mettez en avant les points qui vous différencient vraiment : tout le monde se doute que vous savez utiliser les logiciels bureautiques (si ce n’est pas le cas, il faut vous y mettre sans tarder !). Bien sûr, ne faites pas comme moi : vérifiez bien les coordonnées inscrites en tête du CV. Et évitez les adresses mail fantaisistes genre kiki_le_boss@hotmail.fr, qui ne font pas franchement professionnelles. Enfin, une bonne relecture s’impose pour corriger toute coquille ou faute d’orthographe.
Sur le plan de la forme, il faut déjà tout faire tenir sur une page. Le plus important à retenir est qu’il faut mettre en avant vos points forts (formations, expériences, langues) plutôt que les titres du CV. Par exemple, n’encadrez pas les titres des parties, mais mettez en gras une mention obtenue ou une spécialisation importante pour le poste. L’idée derrière tout cela est que ce qui doit visuellement ressortir de la page est non pas le squelette du document, mais les points forts de son contenu.
Pour vous assurer que votre beau CV sera affiché correctement sur l’écran de votre interlocuteur, pensez au format PDF !
Erreur 2 : la lettre de motivation lèche-botte
Parmi toutes les lettres de candidatures que nous avons reçues, il y en a certaines qui nous ont fait beaucoup rire. La plupart du temps, il s’agissait de lettres génériques dans lesquelles il suffisait de remplacer le nom de l’entreprise.
Seulement, il n’y a pas une entreprise qui se ressemble. Bien qu’ayant précisé dans l’annonce que nous étions une start-up en cours de création, montée par quatre étudiants, nous devenions dans certaines lettres une entreprise “leader sur son secteur”, “organisée”, “réputée”, où le candidat espérait pouvoir progresser “au contact d’équipes de professionnels aguerris”. Quelle rigolade !
En dehors de notre bonne poilade, que retenons-nous d’une telle candidature ? Une mauvaise connaissance de notre situation, donc un manque de motivation (on ne peut pas vouloir ce qu’on ne connaît pas). Soyez honnête et précis quant à la perception que vous avez de l’entreprise dans laquelle vous postulez. L’entreprise n’a pas de site web ? Vous ne la connaissez pas ? Décrochez votre téléphone ou envoyez un mail pour en savoir plus. En plus de montrer votre intérêt pour l’entreprise et le poste, vous serez en mesure de faire une vraie bonne lettre de motivation qui retiendra notre attention.
Il en va de même pour l’e-mail accompagnant une candidature en ligne. Même si le formalisme exigé est plus laxiste, évitez le sms ou les mails télégraphiques.
Au total, sur nos deux campagnes de recrutement, personne n’a pris contact avec nous pour plus de renseignement avant de présenter sa candidature. Dommage !
Erreur 3 : la candidature désespérée
Tout cela nous amène à la troisième mauvaise attitude : la candidature à un stage doit être un acte réfléchi et cohérent avec votre projet professionnel, non une recherche désespérée de l’entreprise qui voudra bien vous accepter.
Même si c’est plus facile à dire qu’à faire, car il est souvent difficile de trouver un stage, il faut toujours vérifier qu’une offre de stage est en adéquation parfaite avec :
- son projet professionnel (n’acceptez pas un poste aux antipodes de ce que vous souhaiteriez faire comme premier job),
- sa propre personnalité.
Il n’y a rien de pire que de se faire chier au boulot : trouvez donc une mission “fun”, dans laquelle vous prendrez du plaisir. C’est mieux pour vous, et c’est mieux pour votre employeur.
Erreur 4 : l’arrivée en touriste
Vous ne savez jamais sur qui vous allez tomber pour l’entretien : autant assurer la partie en se fringuant bien (mais pas forcément tiré à quatres épingles), en arrivant à l’heure et affublé de la panoplie du bon professionnel. En clair, ne venez pas en jean-basket-tshirt avec des journaux gratuits sous le bras et une vieille pochette en plastique taguée au tipp’ex.
Erreur 5 : l’entretien béni-oui-oui
Toujours dans le registre “stagiaire désespéré”, sachez que l’entretien n’est pas un concours de bonne manière et de politesse. Il permet à l’employeur de se faire une idée sur votre personnalité, votre motivation mais aussi et surtout sur les attentes que vous avez. Pour vous, c’est le moment de vérifier que la mission, à la fois son sujet et les conditions de sa réalisation (ambiance et lieu de travail, rémunération…), sont en adéquation avec vos objectifs. Il est essentiel que vous fassiez part à votre interlocuteur de ses objectifs, de votre projet professionnel, de vos espoirs et vos craintes.
Ne trichez pas sur vos compétences ou vos capacités : quelqu’un qui n’est pas à la hauteur de ce qu’il a annoncé décevra et s’ennuiera lors du stage. Soyez donc vous-même, à la fois sur votre professionnalisme et votre personnalité. Dites ce qui vous convient dans la mission, mais aussi ce qui vous déplaît ; ce que vous souhaitez faire et ce que vous ne pouvez pas voir en peinture.
Prenez des notes, posez des questions, y compris sur des sujets qui n’ont pas trait à la mission (par exemple le coeur de métier du l’entreprise, ses clients, comment elle gagne de l’argent, ce qu’elle vend, etc.). Soyez curieux et montrez de l’intérêt si vous en avez.
En conclusion
Pour l’étudiant, le stage est souvent vu comme une corvée, un passage obligé imposé par le cursus scolaire, fournissant une main d’oeuvre qualifiée et sous-payée aux entreprises de la région. Je suis encore étudiant, j’ai fait quelques stages dans ma scolarité, je connais la chose.
Et si vous retourniez la chose ? Voyez plutôt le stage comme l’opportunité de s’éclater dans le métier qu’on va exercer plus tard. C’est peu ou pas payé, OK. Alors, autant bien le choisir, c’est-à-dire le choisir adapté à ses possibilités, à ses attentes et à sa personnalité. Ce que vous ne pouvez pas avoir en salaire, prenez le en expérience : grattez tout ce que vous pouvez de votre maître de stage en adoptant une attitude volontaire et pro-active. Faites en sorte que ce stage soit une réussite que vous pourrez valoriser, car il est le ticket d’entrée pour votre premier job.
Tags: recrutement, stage
29 novembre 2007 à 13:46
Très bon résumé de points très pertinents. J’y penserai pour ma très prochaine recherche de stage.
Benoit.